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CAVADEE, un moment d'intense ...
29 janvier Ile de la Réunion: Plus de 400 pénitents à Saint-Louis, ont bravé le soleil, la fatigue et la douleur hier lors des grandes processions, clôturant en apothéose la fête du Cavadee. Spécialistes, pratiquants et universitaire ont répondu à nos questions pour comprendre au mieux ce rituel religieux impressionnant, empreint d’intense ferveur et d’abnégation auquel près de 5 000 Réunionnais se sont associés. C’est quoi le Cavadee ? Ce terme désigne à la fois le rituel hindou dédié au dieu Mourouga, et l’arche de bambou ornée de fleurs et supportant des fardeaux de présents, portée par les pénitents durant la procession. Elle représente le fardeau de nos injustices mais aussi la marque du possible rachat de nos fautes. L'épreuve symbolise ainsi la victoire du bien sur le mal. Dénommé aussi Fête de 10 jours, Taï Poussam ou Kavadi, le Cavadee est célébré à la Réunion : au temple du Petit-Bazar à Saint-André (plus de 600 pénitents et 3 000 participants hier) et à Saint-Louis (400 pénitents et un millier de coreligionnaires) généralement en janvier ou en février. Qui est Mourouga ? D'après la mythologie hindoue, Mourouga est le frère de Ganesh, fils de Shiva et Parvati. Il est né de 6 étincelles jaillissant du front de Parvati, qui en tombant dans un lac, devinrent des bébés. Un jour, dans un élan maternel, Parvati prend les enfants dans ses bras : aussitôt les 6 petits corps s'unirent en un seul et devinrent un petit garçon avec 6 têtes et 12 bras. Les têtes symbolisent les 6 qualités que Dieu seul possède à un degré inégalable : la force, la justice, la richesse, la sagesse, l'absence de passions et la gloire. Les 12 bras représentent les 5 sens, les 5 organes, la vie et l'esprit. Mourouga est aussi Chef des armées céleste, dieu de la jeunesse et de la beauté. Que dit la légende, à l’origine du Cavadee ? Un sage dénommé Agattiyâr a un jour demandé à Idumban, un bandit repenti devenu son disciple, de lui ramener les deux sommets de la montagne Kaïlash. Idumban s'exécuta en coupant les deux cimes et les attacha aux bouts d'un bâton qu'il porta sur ses épaules. Pour tester sa foi et sa force spirituelle, Mourouga se déguisa en petit garçon et sauta sur le bâton pour alourdir la charge. Idumban qui n'avait pas reconnu le dieu se mit en colère et une bagarre s'en suivit. Mourouga tua Idumban. Le sage Agattiyâr implora la clémence du dieu et ce dernier accepta de ressusciter Idumban. Pour le remercier, Idumban et ses proches firent la promesse de porter le Cavadee tous les ans et d'offrir leur douleur au dieu. Apaisé, Mourouga promis à son tour que tous les mortels qui porteront le Cavadee jusqu'à son temple seront récompensés et obtiendront sa grâce. Pourquoi parle-t-on de fête des 10 jours ? Le Cavadee s’échelonne sur 10 jours pour commémorer la durée de la guerre entre Mourouga et un tyran nommé Sourabatman. On hisse le kodi indiquant le début de cette période sacrée et on attache un tissu dénommé "cap" sur les poignées. Chaque jour est ponctué de préparation spirituelle et mentale. La journée se matérialise avant tout par la prière et la méditation. Des rituels (ou poudja) sont programmés à 5h, 11h et 15h, ainsi que des offrandes sous forme de plateaux de fruits, de fleurs, de parfum... C'est également une occasion de se purifier le coeur, l'âme et le corps à travers notamment le bain, le carême, l'abstinence alimentaire et corporelle. Par ailleurs, des actions de solidarité et de partage sont prévues à l'image des repas végétaliens à 12h et 19h offerts aux plus démunis dans les quartiers et dans le réfectoire du temple. Le dernier jour est marqué par la grande procession. Comment se déroule ce 10e jour ? A Saint-André par exemple, tout commence à 4h avec l’abishégum ou bain rituel des Dieux avec du lait, du safran, du miel, du citron et de l'eau de source... On quitte le temple à 5 h. Direction la Rivière-du-Mât, sous le vieux pont à l'entrée du cirque de Salazie. Les rituels se poursuivent, tout comme la préparation du Cavadee et des pénitents qui se transpercent avec les aiguilles, jusqu’à 8h30. Tout au long du défilé dans les rues de la ville, des fidèles présentent des plateaux d'offrandes au passage devant leur maison. Pour la première fois cette année, l'arrivée au temple aura lieu dans l'après-midi vers 13h. La descente du codi au temple et le détachement du "cap" marquent la fin de la cérémonie vers 16h. Que signifient les aiguilles avec lesquelles se transpercent les pénitents ? Elles symbolisent les plumes du paon, monture de Mourouga mais aussi la lance (ou vel), sa première arme. En même temps, à l'image d'Idoumban, les pénitents offrent leur douleur au dieu. En plus de ces symboles, les aiguilles en argent qui servent à transpercer les joues, la langue et le corps ont aussi des vertus de purification du corps et de l'esprit. L'argent étant un métal refroidissant ayant des caractères naturels anti-bactériens mais aussi de catalyseur d'énergie. Les points "marma" sur lesquels les aiguilles sont plantées se situent souvent sur les "lignes de force" du corps humain, jonctions entre les nerfs et les muscles. Les vel agissent un peu à l'image des aiguilles dans l'acuponcture. Pourquoi certaines femmes portent des simbous et des bâillons ? Le port de bâillons est une autre forme d’abnégation, notamment chez les enfants et les femmes vêtues d'habits propres et de couleur fuschia, couleur de la divinité. Par ailleurs, les dévots peuvent apporter divers éléments ayant tous une symbolique particulière : du lait, du lait caillé, le pandiamoudom, l'eau de rose, le vivoudy, le sandanom. A la fin de la procession, le contenu des simbous ou pot de cuivre est versé sur la divinité et le reste distribué à l’assistance.

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  • Copyright: Ge Dupuy (ge-dupuy) (198)
  • Genre: People
  • Medium: Color
  • Date Taken: 2010-01-29
  • Categories: Ceremony
  • Exposure: f/10.0, 1/200 seconds
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  • Photo Version: Original Version
  • Date Submitted: 2010-02-07 4:29
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